Trois expositions sont proposées conjointement, alternant les regards et les propos.

KUNSTART

Du 30 septembre au 17 décembre 2017 | Grande Salle

Vernissage : vendredi 29 septembre 2017 à 18h

L’exposition Kunstart présente les œuvres des huit artistes lauréats du concours Kunstart ? tous étudiants ou diplômés d’écoles d’art de la région tri-nationale et incarnent la vitalité de la création sur le territoire rhénan.

Jules Andrieu, Alice Blot, Iris Brodbeck, Manuel Diemer, Othmar Farré, Jordan Madlon, Marion Schutz et Flora Sopa témoignent de la diversité des pratiques et mediums avec une variété d’œuvres autour du thème de l’eau. Installation de sel, ville engloutie, cabine d’eau, petites îles de verre ou poisson volant sont au rendez-vous.

Une déambulation dans la grande halle du Centre d’Art permet de découvrir des pièces uniques. Avec ses concrétions, et la rencontre entre l’eau et la pierre, Jules Andrieu dissèque la matière. Alice Blot recouvre le sol de nappe de sel pour Ondée et créé une subtile danse de gouttes. Iris Brodbeck dénonce la situation des réfugiés avec 1,563m3, un aquarium-cabine métaphore du pouvoir et de la mer. Les 12 pièces de verre formant l’installation Isula de Manuel Diemer renvoie à une double interprétation, la naissance ou la disparition d’une île. Avec sa photographie de l’Homme Pinceau, Der Sprung, Othmar Farré présente Brushman le personnage principal de son film burlesque parcourant villes et montagnes à la recherche d’un poisson. Le travail conceptuel de Jordan Madlon interroge la forme. Flora Sopa le rejoint dans ses peintures abstraites, jouant avec le principe de synesthésie, combinant pigment, eau et fréquence sonore. Marion Schutz quant à elle présente avec Azul Noce un paysage rêvé mais aussi monde englouti, une ville de granit, infinie, immergée dans l’eau.

Chacun de ces jeunes artistes a une expression déjà bien affirmée, mais peut-être se rejoignent-ils sur une approche mélancolique de leur environnement. Des rapports de force et des mises en tension semblent être au cœur de leur préoccupation, serait-ce le reflet d’une époque ?

 

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LES ŒUVRES LAURÉATES DU CONCOURS

 

FONTE – Anna Katharina Scheidegger

Sur une proposition d’Emmanuelle Walter | La Filature, scène nationale, Mulhouse et le commissariat de Sagaprojects

Du 30 septembre au 17 décembre 2017 | Salle Médiane

Vernissage et performance  : vendredi 29 septembre 2017 à 18h

Fonte est une exposition consacrée à la question de la fonte des glaces et des changements climatiques. Anna Katharina Scheidegger nous livre sa vision d’un monde fragile et d’une nature endolorie à travers des séries de photographies, films, installation et une performance sur la glace. L’artiste rassemble ici différents chapitres de ses recherches et créations, mêlant à la fois une approche ethnologique, environnementale mais aussi psychanalytique.

Intriguée et inspirée par les mythologies du canton du Valais (Suisse), racontant l’histoire des pauvres âmes (Arme Seelen), attrapées et enfermées dans la glace au moment de leur mort, Anna Katharina Scheidegger propose une relecture de ces rites et traditions. Pour la série head of roses, elle coule son propre visage en glace dans des moules en silicone et en créé des images à la fois effrayantes et poétiques. Sa découverte en 2011 de la technique d’emballage des glaciers suisses avec des bâches, afin de stopper les rayons UV réduisant la fonte des glaciers, a donné lieu à un étonnant travail à la chambre. Sur ses tirages argentiques se dégagent des paysages de neige et de rocaille, emballés et pansés de tissus blanc. On n’est plus ici dans du land art mais dans des interventions environnementales. L’artiste poursuit sa recherche en tentant de repeindre les montagnes en blanc (Film, White Out), acte engagé mais aussi absurde qu’infini. Ailleurs, les petites âmes avalées par les glaciers se retrouvent flottantes, coulantes et dansant dans l’espace. Elles nous interrogent sur nos croyances et le cycle de la nature.

Tour à tour scientifique, lyrique, expressionniste, minimaliste, l’œuvre d’Anna Katharina Scheidegger est empreinte d’un esthétisme détaché des conventions, flirtant parfois avec les limites de la séduction mais marquée d’une vraie gravité. L’artiste nous fait à la fois prendre conscience de notre environnement et de notre identité.

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Série Wrapped Coldness

Anna Katharina Scheidegger

C-Prints

2009-2015

 

Les poissons des grandes profondeurs ont pied – Yves Chaudouët

Du 30 septembre au 17 décembre 2017 | Salle Obscure

Vernissage  : vendredi 29 septembre 2017 à 18h

10 ans après avoir finalisé la création des Poissons des Grandes Profondeurs ont pied, Yves Chaudouët, artiste volontairement iconoclaste et inclassable, présente sa gigantesque installation de deux cents pièces de verre : étoiles de mer, méduses, bancs de poissons suspendus ou délicatement posé, réfléchissent dans la nuit et invitent le spectateur à une déambulation méditative et métaphysique.

Les premières réflexions et formes sur ces mondes aquatiques semblent avoir débuté avec un monotype de 1997, Deux Poissons abyssaux et des séries de lithographie et gravures.

L’œuvre dense et protéiforme de Yves Chaudouët emprunte de nombreuses bifurcations, parmi elles un intérêt évident pour la question du clair-obscur. Ce dialogue ombre et lumière se retrouve en peinture notamment mais est décliné dans d’autres pratiques comme ici avec cette œuvre sur les abysses. Les questions de suspensions, au sens propre mais certainement figuré, thème cher à l’artiste sont dévoilées dans l’installation où se découvre peu à peu dans l’obscurité, un univers marin en apesanteur. Dans ce petit théâtre des profondeurs se joue une vie inconnue et mystérieuse, nourrissant recherches et fantasmes chez les humains. L’artiste semble fouiller notre inconscient – et le sien –, et fait appel à nos sens nous laissant dans un état de lévitation. Les poissons eux-mêmes inspirant ce dispositif, évoluent dans des profondeurs où aucune lumière n’existe, si ce n’est la bioluminescence produite par ces organismes vivants, que sont les affreux, les méduses, les étoiles opalines ou les anguille miroirs.

L’obsession d’Yves Chaudouët de rendre visible ces éléments invisibles l’ont ainsi lancé dans un cycle de création et de production de longue haleine, dévoilant d’abord un prototype en 2001 avec le « Poisson des Abysses », réalisé à Murano. Il déploie ensuite son projet en collaboration étroite avec les maîtres verriers du Centre International d’Art Verrier de Meisenthal en 2006 et 2007, et il créé ainsi Les Poissons des grandes profondeurs ont pied. Chacune des pièces de l’installation, combine verre soufflé, verre travaillé au chalumeau, ou verre argenté.  Parallèlement, Inaliénable(1), polar artistique écrit à 4 mains raconte la genèse de cette aventure dans la cité verrière, et une fiction décalée L’affaire du faux poisson(2) documente le projet.

L’exposition est ainsi l’occasion de découvrir ou re-découvrir cette » œuvre majeure, lauréate en 2011 de la première édition du concours ”Talents Contemporains”  de la Fondation François Schneider.

Ces créatures luminescentes offrent une traversée poétique exceptionnelle.

 

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Les poissons des grandes profondeurs ont pied

Yves Chaudouët

verre soufflé / étiré, grappe LED

2006